Jamais lu Fleischer. Connais pas. Mais je m'y jette avec plaisir et gourmandise, sous la pression pas refusable du mercredi prochain. Faut lire. Pour parler, et transmettre. C'est comme ça. Règles du jeu. Que le bouquin ne reste dans l'éternité de la table de nuit, sous poussières et autres romans abandonnés. Il y a dans toutes les demeures ainsi des cimetières de livres. Celui-ci aura plusieurs vies. Combien serons-nous à le lire. Faire gaffe. Pas écorner. Pas chiffonner. Respecter. Pas de chocolat, pas de café, pas de thé. Lire, passer. Quelques remarques, au fil des impressions immédiates, qui ne valent que cela mais enfin de les écrire un peu pourrait peut-être offrir une plus claire vision. Bon, c'est parti: je n'aime pas les proses maîtrisées, je cherche constamment l'invention, la parole libre, l'audace syntaxique. Là, rien. On entre en patrie littéraire classique, en Académie, sur fond-socle bien établi: Rousseau, Proust, par exemple, mais sans tout à fait que le deuxième puisse véritablement s'y trouver réfléchi. Disons que tout passe par allusions et croisements problématiques, notamment du côté de l'écriture du souvenir (avec temps et mémoire) et qu'on voit passer au loin les grands frères tutélaires. On apprécie les saluts, ça fait du bien. On est en territoire connu. On ne bâille pas, c'est déjà ça. Et comme c'est empli de délicatesse, de murmure, d'émotion, de sensualité, de douceur, on se laisse prendre un peu (oui, c'est cela, un peu, doucement) et on avance dans l'éducation sentimentale et sexuelle de ce brillant ado en culottes courtes (oui, tout jeune déjà, il parle et écrit plusieurs langues, il joue Chopin comme un Dieu, comprend vite les règles d'un jeu de dames - oui, dames, évidemment- anglais, enfin, ça sent bon le QI 150) qui cela dit sent les choses à peu près comme 98 % de la planète, dans le sublime impact des premières amours, dans les "petits pas" qu'on y fait et qui font le charme de l'ensemble. ça pourrait être chiant à mourir et ça ne l'est pas, on pense même parfois (mais avec sentiment de blasphème) à certaines scènes de Mort à Crédit (oui, Céline, enfin, merde), pour l'éducation anglaise (tiens, voilà Labro, non je me trompe, Dujardin, rrrooo je sais plus), on accepte (oui, mercredi, lire, passer, bien) de se laisser conduire sur les ponts bien suspendus, bien balayés (la circulation est maîtrisée de l'entrée à la sortie), bien bitumés, des modèles pour les dictées de collège. Je ne crois pas, je ne crois pas que ce soit à cause de l'échéance et de cette transmission entre nous. Je crois que ça m'intéresse, dites donc. J'y retourne, pour voir s'il arrive à lui toucher autre chose que la main. Des fois que. Dans les odeurs du breakfast. Se peut-il que je sois seulement intéressé par cette écriture du désir? Et ses suites? Peut-être. Je vous dis ça plus tard. Mais j'ai un sombre pressentiment.
J'ai l'impression qu'il va se prendre un piano de destin sur la figure.
Par prixinter, Samedi 24 Mars 2007 à 15:36 GMT+2 dans L'Amant en culottes courtes (article, RSS)
Vos commentaires
Le Samedi 24 Mars 2007 à 16:36 GMT+2, par Olivier
Bah dis donc tu mets la barre un peu haute pour moi au niveau des commentaires sur nos lectures qui vont s'enchaîner semaine après semaine et rythmées par le passage du livre témoin. Je suis déjà à la moitiée de "jeune fille" qui traite aussi du désir (serait-ce le fil conducteur de la sélection 2007 : à suivre et à lire ?)
Le Samedi 24 Mars 2007 à 16:41 GMT+2, par Luc
Bah bah bah on écrit ce qui se pense et défile par la tête! Dans le feu de la lecture ! ça peut être sympa d'écrire ce que tu dis, là, dans ton com. L'écriture du désir, partout présente. Intéressant, ça. Je te crée un compte auteur ? Tu me dis. Je fais.
Le Samedi 24 Mars 2007 à 16:47 GMT+2, par Olivier
Allez zou : inscrit moi comme auteur et donne l'info du blog aux autres lectrices et lecteurs : je suis persuadé que ton idée va faire des émules.
Cet article ne peut être commenté.